MuayThaiGalaxy

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Dans ce dossier nous allons évoquer les camps “purs thai”. Très compliques d’accès pour les étrangers, ces camps sont véritablement ce qu’on peut appeler le « muay from thailand ». Toutes les semaines ont lieu des dizaines de galas dans toutes les villes de province ou se jouent les rivalités régionales. Bien entendu les meilleurs aspirent à combattre pour les plus grands camps, mais tout part de ces centaines de camps de province, au sud comme au nord. Pour un étranger, pouvoir s’y entrainer sera surtout une aventure au sein de la « vraie » Thaïlande, en plus de pratiquer un muay diffèrent ceux-ci découvriront ce qu’est réellement ce pays

Nous parlons très régulièrement des gyms Sitsongpeenong et autres, c’est logique il s’agit des gyms les plus présents au sein des stadiums comme le raja ou le lumpinee et les combattants boxent dans les plus grandes organisations

Mais dans le paysage du muay thaïlandais, ces camps sont atypiques. Il y à peu près 10,000 camps en Thaïlande et peu sont capables de proposer des enseignements de qualité compris et intégrés par les étrangers

En Thaïlande, un espace avec une bâche au sol, un sac et une paire de paos est presque suffisant pour se faire appeler ‘camp’ ; l’objectif est ailleurs, il s’agit des combattants

On revient également a la nécessité première du muay ; c’est un métier et une institution. Dans certaines villes de Thaïlande le choix ne se pose même pas pour les petits thaïs : ils seront combattants

Les gyms entrainent des enfants dès leur plus jeune âge et les combats peuvent démarrer à partir de 3 ans. Ces camps représentent un quartier, une ville, une région, une province. Les rivalités entre les villes de Thaïlande sont très fortes. Des galas de muay thai à certaines époques de l’année mettant aux prises des combattants issus de ces villes rivales peuvent accueillir plusieurs milliers de personnes

La région d’Issan possède les meilleurs petits combattants de la planète, le niveau y est sidérant. La pression relativement importante aussi, on comprend vite pourquoi le muay est au cœur du pays, il fait vivre des milliers de personnes et les paris  y sont plus que présents ainsi que les fameux dumpans (pari en forme de tout ou rien).

Les combats de petits sont relativement durs à regarder mais les arbitres font un travail serieux et les fights se soldent souvent par des 'soumdai' .  pour la plupart des familles le choix de devoir faire combattre son enfant ou pas n’a pas lieu d’être. Une logique économique très forte et une tradition ancestrale sont au cœur du débat. Les liens familiaux puissants entre les générations incitent par nécessité à ce que certains enfants aillent a l’école mais qu’un autre sera combattant. Il sera celui qui fait vivre sa famille à court terme en montant sur le ring. La tradition du muay dans l’histoire de la Thaïlande influe également. Cependant de plus en plus de petits nakmuays vont aussi a l'ecole le matin et s'entrainent l'apres-midi .

Si le niveau y est si relevé, la région d’Issan offre l’une des ceintures les plus cotées et les plus difficiles à obtenir qui est la ceinture de l’Issan, la lutte est féroce et il s'agit du graal pour les combattants. Le muay de province est un muay ultra dynamique et très agressif, ce n’est pas un hasard si la Channel 7 fait énormément appel aux camps d’issan pour ses retransmissions du dimanche midi

Au départ, les petits nakmuays rejoignent le camp le plus proche de chez eux, la sélection se fera un peu plus tard. Au début il s’agit surtout de se former et d’apprendre les bases, il est cependant ultra difficile de percer tant la concurrence est énorme et la masse de galas chaque week end est très dur à suivre. 

Les relations entre l'entraineur ainsi que les promoteurs des stadiums de Bangkok sont primordiales, il y'aura aussi l'adaptation a la vie de la capitale, loin d'etre evidente .

Les plus grands nakmuays actuels proviennent tous de province, Saenchai, Kwankao, Satarnmuenglek, Buakaw, Kem, Sittichai, Yodpayak, Seksan, Rungnarai etc

Pour cela il faut faire confiance aux entraineurs des grands camps qui continuent de revenir régulièrement dans leur ville d’origine pour dénicher les meilleurs talents

Les entraineurs qui se chargent des combattants les connaissent depuis des années, ils savent exactement comment se comporter et les former. Des villes comme Buriram ou Mahasarakam sont des viviers inépuisables pour sortir des combattants de talents

Les gyms purs thaïs n’ont pas pour vocation à entrainer des étrangers, ce n’est pas du tout l’objectif. 

Il ne faut pas du tout confondre un camp thai conçu, forme, préparé pour entrainer des étrangers et un camp dont l’objectif est de faire combattre tous les week ends en Issan

Bien sûr cela reste possible, mais c’est véritablement conseille à ceux qui sont déjà partis s’entrainer dans des camps reconnus pour leur qualité d’enseignement et d’accueil pour les étrangers

Il faut aussi pouvoir s’appuyer et connaitre un thaïlandais qui va vous recommander auprès du camp thai en question. Ce n’est pas possible de venir se planter au milieu du camp et dire ‘salut c’est moi l’entrainement c’est quand’. Ça a très peu de chance de fonctionner…

Un camp comme cela pour une première expérience en Thaïlande est vivement déconseillé, en plus de la barrière de la langue très marquée en issan la difficulté pour se rendre dans ces camps est assez déconcertante …

Il faudra aussi être capable de s’adapter à l’enseignement du gym et de votre entraineur, parce que la ne comptez pas sur lui pour pouvoir changer sa façon de travailler. Il faut donc un certain recul pour être en mesure d’y assimiler des techniques.

Mais là où cela va tout changer de s’entrainer dans un camp pur thai, c’est au niveau des combats et de votre connaissance véritable de la Thaïlande et de leurs habitants.

Les thaïs ont l’habitude de dire qu’il y a Bangkok, Pattaya, Phuket …et la Thaïlande. Ces 3 villes qui focalisent toute l’attention avec des iles comme Samui ou des régions comme Krabi absolument splendides, nous font oublier très vite que la Thaïlande ce n’est pas ça, ou tout du moins pas que ca

Partir s’entrainer dans une ville comme Surin, Chiang mai dans la jungle ou Mahasarakam et là vous allez vraiment comprendre ce qu’est la vraie Thaïlande. C’est tout aussi bien un voyage sur le muay que vous effectuerez puisque vous vous y entrainerez, mais ce sera avant tout une grande expérience de vie .

En termes de combats .. là vous allez assister à des guerres que vous n’avez jamais vues. Le style est lui aussi diffèrent, il est plus brut plus agressif que dans des fights au lumpinee ou au raja. Cela ne peut être que positif dans votre carrière de combattant que d’assister à quelque chose de nouveau

Les camps purs thaïs, ainsi que les galas qui ont lieu, sont le cœur du muay en Thaïlande. Ils cristallisent l’attention des villes d’Issan et offrent les meilleurs combattants de la planète. C’est une destination que tous passionnes de muay devrait essayer de faire une fois mais en ayant pris son temps avant en se familiariser avec plusieurs camps. Il n’a que la de toute façon que vous pourrez tisser vos premiers liens avec les entraineurs et combattants, il sera plus simple par la suite si vous aimez l’enseignement qu’il pratique de lui demander si un séjour au sein de son camp d’origine est envisageable