MuayThaiGalaxy

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Nombre de rounds illimité, verre incruste dans les kaad chuek, plusieurs assaillants à la suite, aucune catégorie de poids et des combats qui ne se finissaient que sur abandon ! Les tout premiers combats de muay étaient de véritables jeux du cirque d’une sauvagerie sans pareil ou se massaient les habitants des villages au sein des temples. Déjà très codifie par le ramuay et le respect qui sont au cœur des combats, le muay thai de l’époque n’a rien à voir avec celui que nous connaissons...decouverte de l'ancetre du muay, le "dhee Muay" .

Prévu a l’origine pour l’armée, le muay thai a petit à petit pris une dimension fondamentale au sein des villes et provinces.

C’est aux alentours de la période dite d’Ayutthaya entre 1350 et 1767 que le muay thai a pris ce virage pour ne plus servir qu’ a l’armée mais devenir un outil de promotion de l’individu et un sport à part entière.

Les affrontements se déroulaient surtout pendant les festivals et célébrations et réunissaient des milliers de spectateurs...c’était un peu les thai fight de l’epoque.

Cet art qui n’a pas grand-chose à voir avec le muay thai porte le nom de Dhee muay, c’est la version soit disant non létale. Soit disant, parce que les combats sont d’une rare sauvagerie

Les règles de bases restent assez floues, et cela est très propre aux thaïs encore de nos jours, l’interprétation de chaque règle est différente. Par exemple l’espace de combat doit mesurer entre 8 m d et 24 mètres de diamètre, et les combats ne seront arrêtes que lorsqu’un « combattant déclarera de lui-même qu’il abandonne ». Les Kos n’existaient pas ! Les combattants après s’être relevés devaient dire qu’ils abandonnaient...

Autant vous dire qu’avec la pression et l’importance capitale de ne pas humilier la ville que les nakmuays représentaient, peu disaient qu’ils abandonnaient ! Les combats continuaient donc …jusqu’à l’infini puisque les règles de l’époque stipulent bien « que le nombre de rounds dépendra de l’abandon d’un des combattants »

Adieu les victoires avec une fine stratégie aux points bases sur des low kicks efficaces, les combattants dansaient c’était un mélange de ramuay et d’une danse plus dynamique, et des qu’ils apercevaient une ouverture ils se ruaient sur leur adversaire, l’échange ne durait que quelques coups puis ils repartaient danser jusqu’ a la prochaine attaque. Pas de clinch, de saisies, de corps à corps dans ces tous premiers combats. Cela ressemblait un peu aux joutes à cheval du moyen Age en occident.

Le système de poids n’existait pas et dans certain tournoi un nakmuay qui l’emportait devait rester sur le ring et enchainer les adversaires. A partir d’un nombre de victoire consécutives établies, il affrontait deux fighters en même temps … C’est le Mortal Kombat de l’époque

Les thaïlandais ont rencontré deux problèmes majeurs dans ces tous premiers affrontements : le premier, c’est le niveau de mortalité … on ne peut pas se permettre de perdre 8 combattants sur 16 à chaque fois et le second c’est que ces combats ont lieu à mains nus. Il ne faut pas oublier que tous ces nakmuays des villes et villages sont des paysans avant tout.

Avec les mains coupes, les os casses et les doigts difformes les combattants ont trop de blessures pour faire correctement leur travail quotidien après les «galas » .

L’idée, a la base mais ça va vite dévier, était de permettre au combattant une protection de ses mains pour éviter foulure, coupure, fracture.

Ce qui partait d’une bonne idée puisque les KAAD CHUEK étaient nées et que cela va, pour la première fois dans l’histoire du muay, permettre aux nakmuays de se protéger ..Va se terminer en arme de destruction massive que même l’armée va récupérer

Fait de chanvres torsades, les KAAD chuek mesurent 20 mètres par main. Chaque bande de chanvre fait l’épaisseur d’un petit doigt

Au départ les combattants utilisent cela et ils sont effectivement plus protégés dans les phases de défense et l’impact des KC, même si effectivement c’est douloureux, se révèle aussi comme un bon amorti pour celui qui le reçoit

Ça c’était le tout début .. Mais très vite les villages ont compris comment rendre ces kaad chueks terriblement dangereux. La première modification qu’ils vont tout de suite y apporter c’est le fait de rajouter des chutes de tissus au kaad chuek, de les enduire avec un espèce de miel de l’époque et de tremper cela dans l’eau avant les combats

Le résultat est une espèce de massue au bout de chaque bras ultra compacte. Puis les villages ont découvert qu’en mélangeant du verre, de l’argent, des pierres etc au kaad chuek on pouvait encore le rendre plus dangereux … comme la fameuse scène de Tong Po avec kick boxer …

Les combats de muay ont alors pris une tournure encore plus sanglante avec ce qui a la base devait servir à protéger les combattants

Les derniers styles de Kaad chuek n’étaient cependant pas la norme et étaient réservés aux grands évènements.. Comme la finale du tournoi Thai Fight en 1450 …

C’est en tout cas l’utilisation des KC qui a permis au muay thai de découvrir les techniques de gardes.  Avant cela, boxer à main nus n’offre pas une protection suffisante et les combattants cherchaient le plus souvent l’esquive ou les saisies.

Avec un tel accoutrement sur les mains il est désormais possible d’encaisser des coups et d’enchainer avec des techniques de coudes etc à courte distance. Si les fights sont violents, le respect entre les combattants est déjà un aspect fondamental du muay

Ces combats ne sont pas des guerres, le pays l’est déjà à cette époque sur tous les fronts. il s’agit de divertissement, la baisse de mortalité a aussi permis d’avoir des combats revanches ..chose impossible avant puisque les nakmuays mourraient.. la revanche devenait problématique

A présent certain combattant se rencontre d’une année sur l’autre, ils représentent certaines villes.. Des relations à travers le muay se créent entre ces provinces

C’est aussi en cela qu’on dit que le muay a été un des meilleurs moyens de communication et d’unité d peuple thaïlandais .

Il s’agit en tout cas de l’ancêtre du muay que nous pratiquons, les combats devaient être exceptionnels à regarder. A mi-chemin entre jeux du cirque, art martial et sport les Esprits étaient eux aussi au centre des affrontements. Les galas et les spectateurs etaient aussi important qu’aujourd’hui et les paris déjà au cœur des debats ...