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Symbole du muay et de grand respect le Mongkong est l’équipement du combattant obligatoire pour les Nakmuays. Représentant son maitre ainsi que le camp dont on fait partie le Mongkong possède également de grandes vertus spirituelles. La plupart de ces données sont connues des pratiquants, ce qu’on sait moins c’est l’origine de tout ceci. Il faut remonter 1000 ans en arrière, comme souvent, pour y trouver le pourquoi de cette importance du Mongkong dans la tradition du muay thai.  Une importance au départ déconcertante de simplicité qui s’est par la suite agrémentée de données beaucoup plus mystiques pour aboutir aujourd’hui à l’équipement le plus symbolique du muay

Pour ceux qui découvrent le muay, le Mongkong (ou mongkhol, mongon, mongong, monkong ..beaucoup de libertes sur la traduction puisqu il s agit de phonetique par rapport a la langue thai et des regions qui ne prononcent pas toutes de la meme facon)est ce que portent les combattants sur la tête avant les combats. De formes ovale ou ronde il symbolise les valeurs du camp, le respect mutuel entre le disciple et son Khru (maitre) ainsi que différentes prières et bénédictions qui lui ont été transmises lors des célébrations du Mongkong par les Monk

Si Les nakmuays portent plusieurs équipements sur eux symboles de chance et de bonne fortune pour le combat. Le Mongkong c’est le numéro un au classement

S’il est place sur la tête c’est parce que dans la tradition asiatique et spécialement thai, tout ce qui est le plus éloigné du sol est le plus sain. La tête est sacrée chez les thaïs, on ne leur touche jamais même pour plaisanter entre amis.

Grosso modo, voilà ce qu’on sait tous à propos du Mongkong. Ce qu’on sait beaucoup moins c’est d’où cela vient

Il faut donc remonter 1000 ans en arrière sur les champs de bataille sud asiatique. Le muay est à l’époque uniquement utilise et pratique sous sa forme la plus dangereuse lors des guerres

Un simple bandeau

Au tout départ le Mongkong est simplement un bandeau de tissu qui différencie les habitants des villes et villages des soldats. C’était leur tenue de guerre à eux en mode « civil ». C’était aussi un signal donne aux habitants qu’un conflit allait arriver car les soldats ne le portaient pas sur eux 100% du temps. Ils l’arboraient quelques jours avant de partir combattre

A l’origine on est donc tout de suite transporte dans la catégorie respect entre de simples villageois et les soldats qui partent au front. Très respectés, ces soldats étaient donc catalogués dans les rues pour défendre, ou attaquer, l’ennemi. Les signes d’affection de la population étaient bons pour le moral des troupes !

On est, comme très souvent dans le cadre d’objet perçus comme magique ou spirituel aujourd’hui, dans une logique de départ très terre à terre : différencier des soldats des villageois, identifier les futurs combattants, galvaniser les troupes

Une notion spirituelle essentielle

La notion spirituelle du Mongkong va cependant vite arriver. Tout d’abord par le fait que le bandeau de soldat était difficile à obtenir, il fallait faire preuve de beaucoup de vaillance. Le simple fait de la transmission du bandeau du supérieur a son soldat, fraichement débarqué dans l’armée, est clairement une métaphore de ce que l’on voit aujourd’hui entre un nakmuay et son maitre

Les vertus spirituelles du Mongkong avec les prières et les bénédictions  sont elles arrivées quelques temps après. Impossible à dater précisément les historiens pensent que ces pratiques sont très vite apparues des que le muay a commencer un peu à se démocratiser et à entrer au cœur des villages et des temples comme un art martial de divertissement et de promotion sociale

D’autres historiens émettent l’hypothèse que les maitres au sein des villages étaient les premiers à bénir le Mongkong avant que leur disciple rejoigne l’armée. L’origine est complexe à trouver car les soldats des armées n’étaient pas toujours mobilises et rentraient dans leur village respectif en temps de paix, comme des permissions

Ce qui apparait comme certain est qu’un Mongkong est le symbole de l’attachement entre son disciple et son Khru. Si les Mongkong d’une armée ou d’un groupe de soldats étaient tous identiques en apparence, chacun de ces Mongkong avaient été bénis différemment en fonction du maitre, de la ville, du camp, de l’enseignement etc de telle sorte à en faire un Mongkong unique

Toute cette « énergie » était disséminée dans le Mongkong à un endroit bien précis, au centre et devant sur le front. Pour symboliser cette énergie et les prières un petit objet prenait place à cet endroit : le PRA KRUENG .

C’est un petit bouddha qui est soit dissimule dans le Mongkong soit clairement affiché . Quasiment tous les nakmuays thaïs des stadiums en portent sur leur Mongkong et s’il n’est pas apparent il est pourtant bien présent. Il peut aussi se trouver dans le prajeet autour des bras mais il n’a pas les mêmes valeurs et il est perçu comme complémentaire

Un cote estethetique qui progresse

De cet aspect symbolique on va en retrouver un, là aussi beaucoup plus terre à terre mais qui va faire basculer l’histoire du Mongkong dans la diversité : la coquetterie

Pour cela il faudra clairement attendre les grands galas des villages et des temples et les  immenses manifestations de muay.

Impossible a l’époque de discerner lors de ces manifestations de quels camps ou régions provenaient les athlètes. du coup, la aussi dans un souci d’identification, on a commencé à voir apparaitre des Mongkong de toutes les formes, de tous les styles et de toutes les couleurs qui étaient spécifiques a un maitre, une région etc

Les Khru des villes et villages se lançaient dans des réalisations de Mongkong somptueux car ils savaient, qu’ hormis leur combattant, c’est cet élément qui serait associe à leur village. Cet intérêt porté au Mongkong par les Khru ainsi que la démocratisation du muay en dehors de l’armée a permis un essor majeur et surtout une diversité incroyable en terme esthétique . Le but était clairement de s’affirmer, par la forme les couleurs les bénédictions du Mongkong, a un type précis de combattant, une technique précise, un enseignement spécifique etc

C’était ni plus ni moins que des « gallons » que les nakmuays portaient et au fur et à mesure de l’histoire certains camps certains enseignements  certaines techniques maitrisées étaient vus comme le graal.

Les nakmuays qui arboraient ces Mongkong étaient de suite perçus comme des adversaires redoutables sans même avoir démarré les affrontements

La legende du serpent seche

Une légende/histoire thai veut que le Mongkong le plus redoutable était un serpent venimeux que le disciple devait chasser. Une fois capture vivant il fallait réussir a introduire la queue du serpent au fond de la gueule du reptile histoire de former une boucle et de faire sécher le tout durant 7 jours au soleil

Une fois « cuit » et séché on pouvait alors coudre le Mongkong tout autour du serpent. Apres une prière spéciale ayant pour effet de transférer l’énergie  du serpent au cœur du Mongkong et donc de son propriétaire. L’opération achevée, notre nakmuay pouvait alors déambuler librement sur les champs de bataille en tentant d’occire tout ce qui se présentait face à lui, protégé par son super Mongkong  en serpent séché.

La légende se heurte à un problème de taille, un serpent est un rampant qui vit au sol. On voit mal un thai super combattant si attache à ses traditions se mettre un reptile en guise de bonne fortune sur la tête. Sans compter que de partir chasser le reptilien dans les marais du siam comportait quelques dangers.. Mais c’est ce qui en faisait tout l’enjeu

Du coup pour trouver une explication qui permette de rendre la légende crédible, surtout qu’une  avec des serpents venimeux qu’on fait sécher, ça rend quand même bien. Les historiens avancent une explication possible : les serpents n’étaient pas ceux qui vivent au sol mais ceux qui vivent dans les arbres dans les jungles tropicales. Ne mettant jamais leur « pied » au sol ces types de serpents étaient donc parfaits pour se mettre sur la tête . Ce qui appuie cette theorie est qu'aujourd'hui encore les tetes de serpents tressees sur les mongkong sont tres presentes chez les nakmuays actuels . Il a donc bien fallu a un momemt ou a un autre faire un compromis entre rampant nefaste mais rapide et dangereux : la solution des serpents vivants dans les arbres est plutot sympathique

L’histoire thai est très difficile à tracer correctement dans le temps sur une longue période. La vérité se mêle souvent aux histoires d’esprits et autres signes mystiques. Lorsque l’on pose la question à nos interlocuteurs sur la véracité de telles histoires ils ont souvent la même réponse : enfin ça peut aussi être exagéré

Cet aspect non précis, mystique, entoures de faits historiques et de héros au passé glorieux est très important dans la perception du monde asiatique par les occidentaux. Le fait de ne pas savoir a 100% les origines de tel ou tel élément, telle ou telle tradition accentue le cote spirituel des traditions asiatique. Thaïlandaise dans notre cas

Le mongkong, l'element mystique par dessus tout

Le Mongkong entre guerre, sort, prières, bénédiction, esthétisme, différenciation et respect rentre totalement dans cette catégorie du mystique. Si en tant que combattant étranger on ne perçoit pas toute la signification d’un Mongkong on se rend très bien compte à quel point il est important dans le muay thai. C’est un signe de respect très fort et la manière dont le Mongkong est enlevé par son maitre avant le combat est aussi une manière de se différencier des autres camps.

Tous les étrangers qui boxent en Thaïlande, sans exception ont forcément cette cérémonie avant le combat. Elle permet de « réveiller » les esprits en les prévenant que c’est maintenant qu’il faut agir, voilà pour l’explication mystique, et elle permet de conditionner le combattant en lui faisant prendre conscience de l’importance du combat à venir : il représente les valeurs et l’enseignement de son maitre, voilà pour l’explication pratique

Un des rares points qui change par rapport à avant est qu’aujourd’hui le Mongkong est retiré, auparavant les deux combattants le gardaient quoi qu’il arrive et s’il venait à tomber on laissait au nakmuay le temps de le remettre sans l’attaquer

Pour les thaïs, un Mongkong sans bénédiction par des monts ou le Khru n’a aucune signification. Dans la réalité peu de personnes sont habilitées à bénir un Mongkong, dans les faits certains ne sont même pas bénis et ne sont là que pour faire « comme les thaïs». Les thaïs en portent donc en porte aussi

Un grand respect a avoir

Les thaïs ne plaisantent pas sur ce sujet, tout ce qui touche à leur Mongkong prajeet et amulettes est très important. Ce n’est pas quelque chose qui s’affiche en photo ou qu’on présente comme un simple accessoire. Il y’a quelques années lors d’un gala Buakaw avait perdu son Mongkong ! Ça a été le branlebas de combat pour le retrouver, annonces sur internet, Facebook etc avaient été utilisés. Un Mongkong est unique et propre à chaque combattant dans la philosophie thai, s’il se perd ou s’il se brise les esprits s’en échappent et le combattant perd son pouvoir.

Progresser dans le muay en termes de technique, de combats, de titres est une progression logique pour un combattant. Mais celle-ci doit être accompagnée d’une progression des traditions du muay équivalente.

Une connaissance des origines, des valeurs de chaque équipement du nakmuay ne peut être que bénéfique pour avoir une vision globale et fidèle du muay thai. 

Sources : Museum of Bangkok primitive arts - National Geographic - Nat Geo Wild - Wikipedia - Discovery channel - A true Story of Muay thai (book) - Khru thai - combattants thais - entraineurs thais