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En pleine cérémonie du Wai Khru en Thaïlande nous nous sommes intéressés à la signification et aux origines d’un moment précis de plusieurs Ramuay, la scène de l’arc.  Connu pour son petit jeu de rôle entre les deux combattants ce passage obéit néanmoins a une gestuelle précise ou chaque geste a une signification et ou cette séquence raconte l’un des épisodes les plus glorieux de la mythologie thai. On a cherché à savoir ce qui se cachait derrière cela et qui étaient les deux personnages en question et pourquoi ils s’affrontaient .. la reponse est digne de Game Of Thrones

Un Wai Khru, danse d’hommage d’avant combat, rend hommage principalement à son kru, son camp, sa ville, son pays, sa religion et son roi

Une scene unique

Cette scène de l’arc dans un ramuay sort des sentiers battus, alors que traditionnellement on demande la bénédiction des dieux cette scène fait clairement passer le nakmuay dans un rôle d’acteur restait à savoir qui il représentait 

Le fait que ce passage s’inscrit dans des ramuay aux origines géographiques différentes lui confère une symbolique a la portée nationale et non locale.

Ce moment met donc en scène des personnages qui ont eu une influence majeure en Asie du sud-est puisque on retrouve aussi cet épisode dans d’autres pays

En interaction avec son adversaire, le nakmuay obéit a une logique précise, les gestes sont soigneusement étudiés, les symboles également

La bataille finale du bien contre le mal

Si tout est aussi précis c’est que ce rituel représente la plus grande bataille de la mythologie thai entre le bien et le mal

En s’appuyant sur l’explication donnée par les thaïlandais et en s’appuyant sur les textes mythologiques de l’époque on a pu fidèlement expliquer le déroulement de cette séquence

Ce passage est connu des thaïs, il représente la bataille entre Rama le dieu du bien  et le dieu des démons Ravana . De nombreuses gravures dans les temples y font référence

Histoire d’en savoir plus sur la gestuelle de ce passage on s’est intéressé à une série d’ouvrages thaïs d’où est tire ce passage de l’arc.  

Cette énorme collection de près de 119 tomes retrace l’épopée thaïlandaise dans les années – 20.000 avant JC. C’est un peu l’équivalent de notre mythologie gréco-romaine mais en Thaïlande et elle porte le nom de Ramakien, c’est la petite sœur de sa version indienne le Ramayana, écrite entre -3 et +3 APJC

Pour les thaïs eux-mêmes, cet affrontement est le plus important de la mythologie thai, il fait basculer définitivement le pays dans le bien. L’affrontement entre les deux protagonistes et la victoire du dieu du bien est donc représente dans ce Wai Khru avec cette séquence de l’arc.

Les passages que nous citons ici sont directement tires de l’un des tomes de la collection thai et explique l’ensemble du conflit et son dénouement, scène jouée par les nakmuays près de 2100 ans plus tard

Game of Thrones

Dans la mythologie thai Totsagan (Nom donne par les thaïs à ravana) vit sur une ile, en théorie la scène de l’arc démarre lorsque le nakmuay tape 3 fois dans le coin de son adversaire.

Les 3 coups annonçant la guerre et le tour de ring qui suit le trajet en bateau puis en char jusqu’ au champ de bataille

Dans la mythologie thai, Totsagan le roi des démons possède 10 têtes et 20 bras et peut être un véritable psychopathe.. Mais il sait aussi se montrer « calme et posé, au milieu d’un jardin de fleurs, un arc dans sa main droite le bras tendu vers le sol.

Seule sa vanité pourra le perdre lui qui ne pris la peine de s’assurer la bénédiction des dieux vis-à-vis des humains et des animaux, il ne craignait que la colère divine. »

Cette bataille est le fruit de l’enlèvement par Totsagan de la bien aimée de Rama (Game of thrones littéralement). Pour le vaincre, Rama ne peut qu’utiliser une arme magique.

Une Brahmastra et non un arc

Ce passage est important, il précise que l’arme en question est une Brahmastra », c’est avec cet objet que Rama tue Totsagan. Dans la légende cette arme est magique et permet d’effectuer des dommages collatéraux, rendre les hommes mourants, faire périr la terre, en prévision d’affaiblir son adversaire

C’est l’équivalent de la bombe atomique version mythologie thai, Rama ne tient pas du tout un arc mais un Object sur puissant, symbolisé dans le ramuay par la technique dont faire preuve le combattant.

La premiere flèche manquée ne l’est finalement pas, elle est selon la légende destinée soit à l’entourage de Totsagan, dans le cas du muay on évoque ici le coin de l’adversaire ou bien elle est destinée à faire diversion en faisant croire a Totsagan que son adversaire n’est pas puissant ni précis

La version thai de la description de Totsagan va encore plus loin en affirmant que celui-ci porte un Mongkong autour de la tête, « Traditionally depicted as green in color.He wears the "Mongkut Chay" - Mongkut means "crown", and"Chay"" means "Victory"; therefore he is wearing the "Crown of Victory". Thai depiction of Mythological beings uses "Mongkut" to display various aspects and "Giriyaa" (activity).” Thai Ancestral Art

Dans la description de la bataille, Totsagan fonce vers Rama sur un char et celui-ci utilise sa Brahamastra pour décocher la flèche mortelle. Un des récits mythologique du Ramakien évoque plus loin dans la collection que le premier tir de flèche aurait pu être aussi un moyen d’ensorceler Totsagan

Ce qui apparait comme sur c est que le premier tir de flèche n’est pas loupe

Avec un ramuay identique et un texte écrit reconnu par tous, l’explication finale varie légèrement même si la signification de ce passage est unanimement reconnu comme l’affrontement entre rama et ravana

Un autre point intéressant est le fait de faire passer son adversaire pour un véritable psychopathe. Le ravana en question étant excessivement pervers dans de nombreuses situations (on vous laisse découvrir pourquoi)

Cette représentation de cette bataille est intéressante, mais alors que celle-ci fait l’écho d’un résultat déjà écrit, le combat qui va avoir lieu sur le ring lui ne l’est pas encore. Quid de la victoire du combattant représentant Ravana ?

Une autre explication

Une théorie de l’explication de la scène de la brahamastra met les deux personnages comme des entités représentant le bien et le mal d’un seul et même nakmuay.

Le nakmuay adverse ne serait que la face du mal du nakmuay qui fait le ramuay, le tuant d’une flèche avant le combat pour ne laisser parler que son cote bénéfique pendant l’affrontement

Les deux explications sont pertinentes, l’une s’attardant sur des dieux mythologiques hindou ayant vécus il y a 20 000 ans et faisant appel au sens patriotique et Historique pour conditionner le combattant et l’autre théorie s’attarde plus sur le cote mental du combattant capable de se conditionner immédiatement pour l’affrontement mais en s’appuyant sur la même célèbre légende

Quelques éléments appuis la seconde théorie. Tout d’abord le nakmuay ne se prend pas pour le dieu Rama et cela dans la culture asiatique c’est très important. Entre célébrer et se prendre pour un dieu la frontière est très importante. Les asiatiques n’ont pas la prétention de se prendre pour les égaux des dieux.

Cette théorie laisse aussi une échappatoire en cas de défaite, parce que si véritablement le nakmuay qui représente rama s’est fait battre dans la bataille mythologique suprême et que le mal envahit le pays, il peut arrêter sa carrière de combattant pendant un bon moment

Enfin dans cette théorie on ne fait pas volontairement passer son adversaire pour le  chef des psychopathes, le respect étant très important dans le muay on voit mal les thaïs se permettre ce genre de procédé, encore moins il y a 2000 ans

Sans rentrer dans le détail, il est intéressant de constater la masse d’informations dont on peut tirer avec simplement une petite scène gestuelle de quelques secondes qui se transmet depuis 2000 ans.

Très tôt utilise dans les Wai Khru dans l’histoire du muay thai, cette séquence permet aussi de retracer fidèlement les courants de pensées propres à la culture thai. La collection thai s’appuie sur la collection hindoue d’où elle est issue, ce qui est pertinent c’est qu’il existe une version pour de nombreux pays d’Asie du sud-est.  On peut donc Faire la différence dans les détails entre la version thai, khmer, laotienne, malaise, birmane, Laos etc

La cérémonie du Wai Khru qui a actuellement lieu en Thaïlande célèbre tous ces types de moments présents dans les danses des combattants et qui retracent l’histoire du Pays. Pour un spécialiste qui sait lire et décrypter ces hommages c’est une fenêtre et des explications sur le passe qui s’ouvre. En fonction des ramuays il est aussi possible de savoir d ou venaient les combattants et quels dieux ou techniques leur Khru mettaient en avant

References

L'ensemble de la collection du Ramayana, Les passages du ramakien thai pour les details sur Totsagan, les thailandais eux memes qui nous ont  oriente sur ces pistes la, Plusieurs cartes de la region d asie du sud est entre -200 et 300 apjc laps de temps pendant lequel le ramayana a ete ecrit et qui correpsond au debut du developpement du muay (sukhothai qui va jusqu a 1200)