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Cette fois on s’attarde sur l’utilité premiere du mongkon des prajeet et des vestes. Il y’a 8 siècles les combattants portaient une multitude d’objets sur eux pendant les guerres pourtant aujourd’hui seuls mongkon prajeet et vestes sont toujours d’actualité quand un nakmuay monte sur le ring. On a donc cherche à savoir, en dehors des aspects mystiques, quelles étaient les fonctions premieres de ces objets et pourquoi étaient-ils si importants pour qu’on les retrouve encore de nos jours, symboles du muay thai ?

On évoque ici les apparats « visibles »du combattant. En effet si mongkon prajeet veste ou capes apparaissent comme étant les seuls objets évidents il y’en a beaucoup d’autres comme les pra kueng ou les dhagruts qui eux sont cachés au sein d’objets plus volumineux.. comme le mongkon

Concernant le mongkon nous vous conseillons de lire cet article ou on explique en détails ses origines et son utilité en temps de guerre AUX ORIGINES DU MONGKONG

Pour résumer, le mongkon était à l’époque le signe que les combattants avaient entre eux pour se reconnaitre au sein de la même armée : même mongkon même armée


Imaginez un champ de bataille dans la jungle avec 20000 bons hommes courant partout essayant d’occire son prochain, mieux valait au premier coup d’œil savoir qui était son ennemi et qui faisait partie de son camp

Le seul moment où le combattant n’avait plus son mongkon c’est quand il n’avait plus de tête, peu importe de l’identifier ou non.

A l’époque le mongkon était une sorte de bandana qu’on se nouait autour de la tête et qui portait les couleurs et emblèmes de son armée. Il est évident que les combattants de l’époque n’arpentaient pas la jungle uniquement muni d’un short d’un mongkon et de leur kaad chuek, ils avaient sur eux une des armures en cuirs ou en tissus des pantalons renforcés etc

Si les grades portaient eux armures et autres decorations, les premieres lignes etaient elles envoyees au feu dans le plus simple appareil et ils partaient veritablement au combat en short et kaad chuek (bataille de sukhotai, ayyutayah, etc ) Les prajeets et le mongkon etaient pourtant portes par les premieres lignes, si on ne leur donnait pas de boucliers on faisait en revanche bien attention a les dicerner des autres ennemis ...

Les grades avaient aussi de nombreux colliers, boucles, broderies, bracelets un peu partout sur eux, on s’est donc demande pourquoi 800 ans plus tard il ne restait plus sur les rings traditionnels que mongkon prajeet veste et capes alors que beaucoup d’autres objets auraient pu eux aussi y avoir leur place . Le fait qu'il s'agisse des seuls elements portes aussi bien par les premieres lignes que par les hauts commandants en font de facto des symboles du muay thai, mais on a chercher a savoir pourquoi

Si pour le mongkon cela parait assez évident, pour les prajeets la cape et les vestes c’est plus complexe. Pourquoi ceux-là et pas les autres, que signifiaient ils il y’a 8 siècles sur les champs de bataille ?

Le prajeet est une vraie interrogation, des bouts de tissus noués comme cela les combattants en portaient des dizaines. En étudiant les fresques de l’époque qui reproduisent les conflits et en s’appuyant sur d’autres armées comme celle d’Alexandre Legrand, il semblerait que les prajeet avaient pour fonction premiere d’indiquer le grade du combattant, un peu comme les insignes que portent les militaires actuels

Cette déduction vient du fait que les combattants qui formaient les rangs des armées n’avaient pas tous les mêmes prajeets . On distingue très clairement sur des représentations du Musée de la culture Thai à Bangkok ces changements de couleurs des prajeet en fonction de la fonction du combattant dans l’armée.

C’est aussi un procède assez repandu dans certaines armées que d’afficher son grade sur les bras a cette époque, de préférence sur celui qui porte l’arme.

Tout comme le mongkon autour de la tête le prajeet noué autour du bras fort est positionné à l’un des endroits du corps le plus en sécurité (en théorie). Un combattant va chercher à tout prix en premier lieu à ne pas se faire décapiter, en cherchant à sauver sa tête il sauve aussi son mongkon et le message fondamental qu’il contient : j’appartiens à telle armée

Pour le prajeet c’est un peu similaire, positionne sur le bras fort donc celui qui tient l’arme, un combattant a peu de chance de se le faire trancher …au détriment d’un pied ou de la main opposée qui pouvaient assez facilement être sectionnes

En plein milieu de la bataille, les combattants n’avaient vraiment besoin que de deux informations pour savoir qui trucider et quelle stratégie utiliser. On en vient donc aux vestes et aux capes

Si mongkon et prajeet indiquent l’armée, le grade et la fonction du combattant ; Capes et vestes indiqueraient la stratégie à mettre en place..information à prendre au conditionnel, si c’est confirmé pour bons nombres d’armées et de pays par des écrits ou des récits de bataille, pour le pays du siam c’est moins catégorique

Ce qui permet de supposer cela est tout d’abord le fait qu’aujourd’hui on retrouve sur les rings capes et vestes en plus des mongkon et prajeet qui ont des fonctions militaires essentielles

Les vestes portées par les guerriers siamois appelées Suea-yan ont dans leur dos des inscriptions mystiques, mais avant de porter chance aux combattants ces vestes avaient pour fonction de délivrer un message précis aux guerriers places derrière eux et ainsi de suite

Ce procédé pour transmettre des messages en plein conflit était très fréquent, on note les drapeaux, les cornes de brumes ou encore des cavaliers qui traversaient tout le champ de bataille de gauche à droite avec des chevaux habilles de telles ou telles robes aux couleurs et significations différentes pour les hommes sur le champ de bataille

Un peu comme un remplaçant au foot qui lorsqu’il arrive sur le terrain relaye les consignes du coach, les vagues successives de combattants apportaient les nouvelles directives aux guerriers déjà dans la bataille. Le bémol est qu’on retrouve ce type communication sur des champs de batailles dégagés ou les lignes de démarcation entre tel ou tel corps d’armées sont très nettes (fantassin, archers, machines de guerres etc) . Dans le cas d’un conflit géant dans une jungle thaïlandaise et ce système de communication apparait peu efficace

Dans d’autres armées, ce type de veste indique les points forts des combattants et au sein d’immenses empires c’était un moyen d’indiquer son pays d’appartenance et sa langue au sein d’armées réunifiées (Byzance, Rome, Perse, …) .

Le fait que les informations portées par une veste se situent dans le dos indique une volonté de vouloir communiquer avec son armée tout en empêchant au maximum que l’ennemi puisse y accéder facilement

A l’inverse des prajeet ou des mongkong qui se situent sur des parties du corps visibles à 360 degrés, les informations transmises par les dessins d’une veste ne sont visibles que par ceux qui sont derrières vous et les messages pouvaient être très simples mais d’une importance capitale comme une indication aux lignes arrières d’attaquer à droite ou à gauche et à quel moment

De nos jours Mongkon, prajeets et vestes sont LES éléments incontournables du combattant. En dehors de toute signification mystique on retrouve leur importance capitale pour les guerriers de l’époque lors des conflits.

Sans ces apparats impossible de savoir qui est qui et donc qui tuer et comment s’y prendre, ces 3 éléments sont effectivement essentiels à l’époque pour mener une guerre et ce n’est pas un hasard si on les retrouve comme symboles du muay thai 800 ans plus tard