MuayThaiGalaxy

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On met en avant un circuit qui représente  l’écrasante majorité du muay en Thaïlande : les stadiums des provinces. Oubliez Raja, Channel 7, Max, Thai Fight, jeux de lumière, show tv etc les combattants dont on parle ici évoluent dans un circuit et des stadiums à des années-lumière du muay que l’on connait traditionnellement. Un circuit ou près de 500 étrangers résidents de camps côtoient près d’1 millions de nakmuays thai, c’est les parcours de tous ces combattants qu’on décrit, la façon dont les étrangers vivent ce muay typiquement thai et comment les Thais les perçoivent

En terme de notoriété et toutes proportions gardées, si le Raja ou la channel 7 représentent la ligue des champions, les stadiums qu’on évoque ici font plus penser à un championnat de Dh ou Ph

Nous parlons ici uniquement de la notoriété et pas de la technique. Tous les champions du Raja du Lumpinee de l Omnoi etc ont tous commence dans ces stadiums de province, disséminés dans toutes les villes et villages de Thaïlande

En parallèle des circuits des très grands stadiums et organisations, un autre circuit a lieu. Ce circuit qui représente finalement près de 90% du muay en Thaïlande  n’est médiatisé que localement.

Près d’1 million 500 milles nakmuays en Thaïlande. Si les grands stadiums font boxer des milliers de combattants cela ne couvre certainement pas tout le monde, ou boxent donc régulièrement près d’un million de personnes ?

Tous les jours de la semaine et dans toute la Thaïlande du plus simple village aux plus grandes villes ont lieu des dizaines de galas. On cible pas ici tel ou tel stadium, non juste n’importe quel stadium de n’importe où dans le pays. Un peu comme si on ciblait tous les matchs de foot de la L1 a la dernière division de district tous les weeks end et que les joueurs qu’on cherche à connaitre c’est justement ceux qui sont dans les stades peu ou pas connus  

C’est ces stadiums qu’on vise et les étrangers qui vivent en Thaïlande mais qui, tout comme les thaïs, doivent démarrer au bas de l’échelle pour gravir les échelons. Impossible de combattre régulièrement dans un Lumpinee si on n’arrive pas à vaincre dans un premier temps la concurrence à laquelle on fait face dans la région de Thaïlande dans laquelle on vit

Des nakmuays comme Youssef et Yassine Boughanem, Damien Alamos ou encore Rafi Bohic connaissent mieux que personne ces types de stadiums Thais perdus au milieu de nulle part avec une centaine de spectateurs, des chiens, des clopes, de la bière partout, un ring défoncé, un arbitrage digne de barca-psg et un système de poids « au jugée» relativement fiable a 15 kilos près

A ce niveau-là et lorsque le nakmuay étranger commence à être connu et reconnu dans le stadium dans lequel il évolue, les combats changent du tout au tout. Les nakmuays Thais font une différence énorme entre un étranger qui vient en Thaïlande et fait un combat et l’étranger qui vit en Thaïlande et qui comme eux, combat pour vivre

La différence est énorme, les Thais ne sont pas aveugles et voient l’énorme difficulté pour les nakmuays étrangers à vivre du muay. .tout comme leurs propres nakmuays Thais

Quand on voit les primes des très grands champions des stadiums ou des organisations qui plafonnent à 5000 euros pour vraiment les Tops fighters on imagine aisément la prime pour un stadium de province : à peu près 3000 bath prix de départ et cela ne va pas monter bien plus haut

Thai comme étrangers qui boxent dans ces stadiums, hors paris, ont la vie très dure financièrement. C’est un lien qui va unir différents combattants et qui, pour les Thais, est l’une des plus grandes différences par rapport au muay occidental

Quand des Thais considèrent un étranger comme un nakmuay a part entière c’est aussi parce qu’il a connu, tout comme les Thais, l’extrême difficulté d’évoluer dans ces stadiums

Quel que soit le niveau technique d’un étranger qui a décidé de vivre en Thaïlande et qui passe par ces stadiums la, vit un muay pratique dans toute la Thaïlande. Les stadiums Raja Lumpinee, les organisations comme le TF représentent une infime partie du muay du pays

Ce manque de médiatisation est aussi un problème quant à la découverte, ou plutôt la non découverte, de nouveaux talents. Un problème parce que le niveau de certains nakmuays est époustouflant. Les très grands camps et stadiums ont beau avoir des émissaires dans tout le pays, il restera toujours des futurs Buakaw ou Seksan qui passeront à cote

Concernant les étrangers, nous en connaissons aussi de nombreux qui aujourd’hui boxent au Max ou qu’on voit faire des apparitions dans les stadiums connus mais leur histoire est digne des Thais et les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien auraient démotivés un très grand nombre de nakmuays occidentaux.

A ce titre on peut tirer un grand coup de chapeau à des nakmuays comme Dimitri Masson, Alexis Barateau, Victor Nagbe, Rafi Bohic, Damien, Arthur Mayer, John Coe, Mathias Gallo, Enzo, Youssef et Yassine , Kfe, Jean et un peu plus loin de nous Stéphane Nikiema ou JC Skarbowsky ..liste non exhaustive..tout niveaux confondus

C’est bien là le souci : tout comme les Thais, il est sûr que statistiquement on passe a cote d’étrangers qui ont un vrai talent

Tous ces combattants non Thais qui démarrent en Thaïlande et qui connaissent leur tout premier combat dans les stadiums des villes et provinces pratiquent un muay base sur le comptage thai oriente par les paris

L’étranger, s’il souhaite progresser, est obligé d’accepter et de comprendre ses règles pour progresser. Il existe aujourd’hui en Thaïlande plusieurs centaines d’occidentaux totalement inconnus mais qui combattant totalement dans la même mentalité que les Thais

Si en plus d’être complique techniquement ça  l’est aussi parce que  le combattant étranger doit apprendre à « boxer pour gagner comme les Thais le souhaitent » et bien sûr cela change d’une ville à l’autre et d’une région à l’autre. On va donc avoir des occidentaux qui vont se spécialiser par rapport aux techniques favorites de telles ou telles zones géographiques ou qui vont éventuellement passer du nord au sud ou inversement parce que le muay pratique la bas est plus favorable à leurs points forts

Ces combattants étrangers doivent faire face à une rude concurrence locale puis régionale composée de dizaines de camps et de nakmuays.

Les galas dans les temples sont très impressionnants, dans la région d’issan dans des villes mythiques pour le muay comme Mahasarakam ou Buriram dont sont issus des champions comme Saenchai, les combattants sélectionnés à l’ occasion d’évènements particuliers sont d’un niveau hallucinant.

Les Thais ont une vision bien particulière des étrangers qui boxent dans les stadiums de moindre importance et on a vu dans près d’une dizaine de stadiums différents deux comportements majeurs.

Le premier est le fait d’un nombre de « lomuay » (feindre le ko pour arrêter le combat) importants mais tout à fait assumé et explique par les Thais. C’est d’ailleurs une variable que les étrangers ont bien enregistre parce que souvent dans le cas d’une victoire par ko, leur premiere question est de voir la vidéo pour savoir si oui ou non ils ont mis le thai ko

Ce comportement rend fou les occidentaux qui pour tous préfèreraient perdre que de gagner comme cela. Du point de vue thai :

« L’étranger va gagner à ce moment on le voit de suite, on ne va pas attendre de se prendre 5 rounds  complets alors qu’on recombat dans une semaine »

L’explication se tient il est vrai qu’on n’a pas vu de lomuay immédiat ou qui avait lieu sans bien comprendre pourquoi. Il ne faut pas oublier que pour tous ces combattants Thais ces types de combats sont vitaux : c’est leur métier.

Et il y’a bien sur les paris qui rentrent en compte : n’espérez pas un lomuay alors que les parieurs sont entrain de miser à fond sur le thai..et si jamais un parieur a misé une grosse somme d’argent quelques secondes avant le lomuay ça peut, curieusement, vite dégénérer.

Un nakmuay étranger ne devient important dans un stadium local ou régional qu’à partir du moment où les parieurs misent sur lui. C’est les parieurs qui décident quels nakmuays boxent, à partir de ce moment-là, le combattant change de statut dans le muay

L’autre comportement qu’on a pu observer c’est le grand respect des Thais lorsqu’ ils affrontent un occidental qui est en dessous techniquement. Attention, on dit bien occidental qui vit en Thaïlande et qui combat tout comme les Thais, on ne parle pas d’étranger qui vient un mois faire un combat

A plusieurs reprises et dans des stadiums du nord comme du sud, il était frappant que le nakmuay thai se bridait a 90%.. Tout comme les lomuays on a demandé aux Thais : « ils font comme nous, on a 50 combats ils ne sont même pas a 15 .. on vit dans la même petite ville on se croise, je ne vais pas mettre ko cet étranger..Aucun intérêt aucun sens, manque de respect »

Les étrangers qui boxent dans ces stadiums nouent souvent des liens avec des combattants d’autres camps, certains sont devenus amis et d’autres apprennent les techniques offertes par les Thais (rarissime) . 

La plupart d’entre nous n’ont connu Youssef, Rafi, Damien etc que lorsque ils ont commencé à boxer dans les grands stadiums mais alors que nous nous percevons cela comme un début de carrière, pour un occidental s’inscrire sur le long terme d’un Raja ou d’un Lumpinee est déjà un exploit

Rendre hommage à ces centaines de combattants étrangers qui aujourd hui combattent dans les petits stadiums est aussi un moyen de mesurer les efforts énormes qu’ont du faire Damien ou Youssef pour parvenir à décrocher leurs ceintures