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Dans ce reportage on va analyser les déplacements d’un arbitre du Raja sur le ring. Pourquoi se met il a tel endroit ? Quels sont les effets directs de son placement sur le combat ? Comment fait-il vivre le fight tout en prenant soin de la qualité des échanges et de la sante des boxeurs. Par le biais de captures d’écran explicatives nous allons nous rendre compte qu’être un bon arbitre passe tout d’abord par des déplacements parfaits qui lui rendent le travail plus simple et des interventions moins fréquentes.

L’arbitre sur lequel l’article se base est un de ceux du Raja. Cet arbitre est un modèle pour faire vivre un combat avec un temps effectif d’action relativement important

Le combat sur lequel on s’appuie n’est pas dû au hasard non plus, on a décidé de commenter la prestation de l’arbitre du fight entre Satarnmuenglek Vs Sarawute au 3eme round

Catégorie de poids phare actuellement qui privilégie une boxe très dynamique, les deux nakmuays thaïs ont la particularité d’avoir des phases de clinchs et des échanges à mi-distance au tempo vif

Sarawute et Satarn sont aussi d’excellent nakmuays a la technique parfaite mais ayant chacun leur style de boxe. L’arbitre va totalement se fondre dans ce tableau pour donner le meilleur des combattants et il n’aurait pas arbitre exactement de la même façon s’il avait dû arbitrer un Saenchai, un Yodwicha ou un Petchboonchu

La connaissance du style de boxe est importante, on ne peut pas donner le meilleur de chaque boxeur si on arbitre exactement pareil des muay boucs, des fimeux, des contreurs, des muay pam ou des muay mat

L’arbitre s’appuie sur un règlement qu’il doit suivre en fonction des organisations dans lesquelles il évolue en revanche personne ne lui dicte ses déplacements. C’est ce paramètre qui va faire toute la différence quant au bon déroulement du combat  bien plus qu’une mise en application fidèle du règlement sans discernement

La position de l’arbitre par rapport aux combattants

Contrairement à ce qu’on peut supposer le meilleur placement pour un arbitre lorsque deux nakmuays sont au milieu du ring dans une configuration classique de fight n’est pas au milieu des deux combattants. Pourquoi ?

Les combattants peuvent être de gabarits différents, droitier, gaucher etc en se positionnant au milieu des deux, l’arbitre involontairement avantage un ou l’autre des combattants. L’arbitre doit aussi absolument prendre en compte l’allonge maximale du combattant le plus grand. Si l’arbitre se retrouve à un moins d’une certaine distance de la jambe arrière le fighter ne peut pas utiliser cette technique

En se mettant au milieu des deux, l’arbitre risque d’être très loin des échanges ou au contraire de pénaliser un des nakmuays

Pour ne pas influencer tel ou tel nakmuay, l’arbitre va essayer de se placer sur la même ligne qu’un des deux combattants mais sur le cote. En configuration classique de fight et pour ne pas avantager l’un ou l’autre des nakmuays il va se déplacer soit vers l’un soit vers l’autre

Comme on le voit sur les photos, en plus de bien se positionner l’arbitre empêche que le combat ne se déroule dans les cordes, par sa présence et ses légers pas il recentre le fight vers l’intérieur. Il est flagrant qu’il se positionne par rapport à la jambe arrière de Satarnmuenglek

Le placement de l'arbitre par rapport au Ring

Les combattants évoluent dans un endroit délimité par des cordes. Là où l’arbitre va aussi se démarquer c’est dans sa faculté à ce que les nakmuays n’y passent par leur temps.

On va donc se rendre compte que systématiquement l’arbitre va se diriger vers les cordes. C’est relativement difficile à faire sans gêner les fighters mais cela change tout.

En se positionnant entre les cordes et les combattants plutôt qu’entre les combattants et le centre du ring, l’arbitre laisse ouvert 80% du ring pour la suite du combat. Il permet aussi à ce que les fighters ne se retrouvent pas empêtrés dans les cordes avec un Yud  à la clé

C’est l’une des sciences de l’arbitrage : repositionner le plus possible les combattants vers le centre du ring là où ils ont le plus de place plutôt que dans les coins ou près des cordes mais sans jamais les gener

L’arbitre analyse totalement le combat en temps réel et sait que Satarnmuenglek est à bout il va soit essayer d’accrocher les cordes soit essayer de s’accrocher à Sarawute qui ne lui en laisse pas l’occasion. Il délaisse donc Sarawute qui à ce moment du combat ne risque pas de prendre un contre et s’attarde sur le nakmuay en difficulté  tout en l’empêchant de rejoindre les cordes mais tout en laissant celui qui domine exprimer sa boxe (image 1 et 2)

Il sait aussi que s’il est au milieu il interviendra après le coup donne alors que s’il est prêt du nakmuay en difficulté avant qu’un coup de trop ne soit porte il aura le temps d’intervenir (image 3)

Que dit-il ?

On voit l’arbitre parler tout le temps mais de façon très brève. Que fait-il ? Il gagne du temps effectif de combat en prévenant les combattants. Avant d’arrêter une séquence parce que lui juge que celle-ci ne mérite pas d’être continuée il les prévient ! On peut même aller encore plus en caricaturant « ca va pas la vôtre boxe non ? » pas de réaction de votre part , d’accord on Yud «  Réaction immédiate de l’un des nakmuays avec une prise d’initiative « ah bah finalement non on continue »

Un double intérêt a ceci : en cas de yud l’arbitre n’a pas besoin de ralentir encore plus le combat en parlant aux nakmuays du pourquoi de l’arrêt puisqu’il les a prévenus avant ils sont donc au courant

Second intérêt : la fluidité du combat. Moins l’arbitre intervient plus les combattants font ce qu’on attend d’eux : ils combattent. Cela n’a rien à voir avec du clinch ou pas de clinch, le dynamisme du combat passe par l’arbitre qui laisse ou non et à bon escient les nakmuays s’exprimer.

N’allant pas entamer un discours, les combattants répondent à l’arbitre en boxant. Il y’a  véritablement une communication non verbale entre un bon arbitre et ses nakmuays

Plus l’arbitre se positionne bien et plus il communique en amont en anticipant les séquences et moins il a besoin d’intervenir directement. Sa science du déplacement, sa connaissance des techniques et des boxeurs lui sont essentiels et lui enlèvent une grosse charge de travail apparente

La connaissance des techniques du muay et plus spécifiquement celles qui pourraient être utilisées par les nakmuays lorsqu’il arbitrera est fondamentale. Si vous jugez un saenchai au thai fight ou dans un stadium l’arbitre fera tout dans le cas du TF pour se positionner de telles sortes à permettre à saenchai de sortir sa roulette de sortir une boxe spectacle, connaissant le thai il va se rapprocher de son adversaire qui risque à tout moment de subir un coup venu de l’espace.

Dans le cas du stadium, comme contre yodwicha en 2014, l’arbitre est focalisée sur l’allonge de yodwicha et se trouve très près de saenchai. Alors oui bien sûr cela l’empêche de faire sa roulette mais les objectifs du combat sont tout autres

Sans mettre en avant les règles orales du stadium ou du thai fight, l’arbitre par ses déplacements va faire en sorte que le combat prenne la direction qu’il souhaite

Une telle prestation de l’arbitre ne s’acquière ni dans les règlements ni à la tv. Un tel niveau de maitrise qui apparait pour tout le monde totalement invisible voir insignifiant ne peut s’obtenir que par la pratique

L’arbitre a absolument besoin d’évoluer au sein du ring pour se représenter dans l’espace les cordes, les coins et les combattants. Pour permettre aux nakmuays français, quel que soit le niveau, de boxer au plus proche des nakmuays thaïs sans faire 10,000 km il est essentiel que les arbitres nationaux s’inspirent de leurs meilleurs homologues mondiaux

Les combattants ont comme modèle Buakaw, Sittichai, Pinca, Boughanem ; les arbitres devraient eux aussi avoir leur « favori » et essayez de s’inspirer de leur façon d’arbitrer au sein des plus grands stadiums de la planète en Thaïlande

Il n’est pas ici question de règlements ou de pointage, on évoque ici le fait de dynamiser un combat et de permettre aux boxeurs de donner le meilleur d’eux-mêmes dans des conditions de sécurités optimales. C’est aussi un respect à avoir pour les combattants que de connaitre en profondeur le muay, comment peut-on arbitrer correctement un Buakaw Vs Boughanem (ne rêvez pas c’est pour l’exemple) si sa propre connaissance technique du muay se limite à une boxe occidentale

Histoire d’éviter d’envoyer au feu et en premiere ligne des arbitres sans une telle expérience il serait judicieux que les fedes françaises prennent le problème à bras le corps. Notre pays compte actuellement parmi les pays les plus importants en terme de promoteurs dans le muay. Le Thai fight paris n’est pas une exception dans le sens ou d’autres grands noms thai reviendront combattre dans les semaines ou les mois à venir.

Former nos arbitres nationaux avec une dominante pure muay thaïlandais ne peut être que bénéfique a tout le monde et ne sera jamais perdu tant les promoteurs françaises ont pris du poids.

Un tres grand merci a Timo Ruge pour les captures, le combat complet est disponible juste en dessous

Muay Thai - Satanmuanglek vs Sarawute (สะท้านเมืองเล็ก vs สราวุธ),Rajadamnern Stadium,Bangkok,5.4.17