MuayThaiGalaxy

Switch to desktop Register Login

Second volet du dossier sur l'immersion au sein du camp Sitsongpeenong ! Cette fois on va vous raconter la gestion des combattants thai au sein du gym, leurs objectifs de carrière, comment sont ils formés, quels entrainements spécifiques ont ils, comment sont accueillis les nouveaux, le système de transfert entre deux camps . On va aussi évoquer le rôle prépondérant de Sittichai, fer de lance du gym . Impossible également de parler des fighters sans évoquer les entraineurs et nous allons nous focaliser sur Monlit, le coach numéro un dans la hiérarchie et pièce maîtresse du camp. Après le fonctionnement en interne, on s'attaque à l'objectif principal : former, entrainer, combattre !

Dans le précédent dossier nous avions mis en avant le fonctionnement en interne du gym (UN AN AU SEIN DU SITSONGPEENONG : FONCTIONNEMENT INTERNE ! ). Le but d'un gym est de faire combattre ses nakmuays, c'est ce que nous allons étudier ici .

Le Camp Sitsongpeenong est composé, aujourd'hui, de 13 combattants . Ces fighters sont classés en 4 groupes et s'entrainent le plus souvent entre nakmuays du même groupe .

Ici on ne parle pas de catégorie de poids, mais de catégories d'objectifs . Les combattants peuvent monter et descendre de  groupe en fonction des objectifs de leur carrière .

Chaque groupe va répondre à des objectifs du gym en terme de stratégie . Le premier groupe concerne les combattants qui boxent à l'international et est composé de YODPAYAK, DECHSAKDA et de SITTICHAI . Le second groupe est pour les combattants en phase de reprise (THONGCHAI par exemple) et ceux qui ont comme plan de carrière les galas internationaux .

Le troisième groupe est pour les espoirs des stadiums et des nouvelles arrivées, en ce moment MANOAWAN en fait parti . Ce groupe compte egalement deux excellents combattants des stadiums thai : PRAPAIREE et WATTANA . âgés de 15 et 16 ans, ils couvrent les caté reines des stadiums, 44KG / 49KG

SEANCES SPECIFIQUES

Ils viennent tous les deux de la ville d'Udon en thailande et représentent l'avenir du gym au sein du raja et du lumpinee, depuis le début de l'année ils ont effectué 12 combats au lumpinee et rau raja.

Le groupe 4 est composé des futurs fighters, il est reservé aux petits qui ont accès à des entrainements spécifiques sur la technique et avec un entraineur qui leur est presque dédié, WUT .

Tous ces groupes ont des séances d'entrainements particulières même si tout le monde tourne avec absolument tout le monde . Il s'agit des entraineurs qui mettent en place leurs séances, de manière adaptée par rapport aux objectifs du gym .

 Les groupes sont très flexibles et les combattants en changent régulièrement . Alors que le groupe 3 est spécialisé dans les règles des stadiums, le numéro 1 va beaucoup plus porter l'accent sur les règles internationales ou le 3*3 par exemple .

PASSER DU MUAY AU K1

Sittichai possède lui un programme totalement adapté au nouvel objectif du gym : le GLORY . Parvenir à faire oublier à SITTICHAI les coudes et le clinch n'a pas été une mince affaire !  Il a fallu presque deux mois pour qu'ils arrivent à contenir ses reflexes du muay thai et lancer des techniques de K1 .

Pour y parvenir dans un minimum de temps, c'est le coach MONLIT qui s'est chargé des séances . Monlit c'est l'entraineur numéro 1 du camp . Il connait tous les combattants, et est capable d'adapter ses séances pour entrainer en même temps un combattant pour une ceinture du lumpinee, un autre pour le raja, un pour le Top King etc .

MONLIT, LE STRATEGE

Doté d'une technique redoutable et ultra actif avec les paos, reproduisant les déplacements entre deux fighters tout au long d'un round . S'il y a bien sur des seances classiques aux paos avec des enchainements prédéfinis, on retrouve aussi un type d'entrainement aux paos qui ressemblent plus à une séance de sparring.

Dans ce type d'entrainement, Monlit va porter les coups à chaque erreur d'un combattant . Et tout le monde, y compris SITTICHAI y passe . La rapidité avec laquelle l'entraineur du sitsongpeenong voit les failles, les erreurs, les manques est phénoménale . La réponse est immédiate soit avec les jambes soit directement avec les paos ..et au début de son entrainement K1 .. Sittichai il en a recu un bon paquet !

Les entrainements des petits espoirs est à base de clinch, de clinch et encore de clinch . Tout y est travaillé, de la position des mains aux différents placements sur le ring . Tous les aspects sont vus et revus des centaines de fois, la qualité technique qui se dégage de ces jeunes est impressionnante . D'autant plus que des sittichai ou des dechsakda ne vont pas hesiter à tourner avec les petits . 

Les combattants du sitsongpeenong ont aussi la particularité de tous s'entrainer avec les etrangers du camp, quelque soit l'age , le poids ou le groupe . Pour des combattants plus aguerris  comme Sittichai, Dechsakda ou encore Yodpayak les entrainements seront biens plus intensifs mais aussi énormément précis .. il n'est pas rare de voir pendant près de deux heures un yodpayak travailler les low kicks de la jambe arrière ou sittichai juste un enchainement de deux coups en anglaise . Quand c'est comme cela, beaucoup de discussions entre les entraineurs thais et les fighters .

Les entraineurs thais doivent egalement composer avec les résultats, il n'est pas simple de faire avec des victoires et des défaites et cela constamment . La défaite de KEM en finale du TK a été difficile à négocier pour le camp . Des combattants comme Sittichai ou Kem sont de vrais modèles pour les jeunes du sitsongpeenong et la défaite est dure à vivre .

SITTICHAI, BOURREAU DE TRAVAIL

Suite à son combat, Kem avait décidé de prendre du recul et cela fait 6 mois qu'il n'a pas combattu . Les coachs doivent se montrer patients et trouver les bons mots . Il ne faut pas oublier qu'ils vivent ensemble 24h/24, 7 jours sur 7 et beaucoup se connaissent depuis très longtemps ...les liens qui unissent ces nakmuays sont très forts et le camp compte énormement sur Sittichai

Véritable bourreau de travail, le thai termine toujours les séances une heure après tout le monde . Souvent accompagné de Monlit, lui et sittichai travaillent des enchainements précis . Lorsque ce n'est pas le cas, Sittichai travaille au sac, seul alors que tout le monde a terminé depuis longtemps

Il ne relache jamais la pression et est capable de travailler un seul coup, comme le direct du droit, au sac pendant 30mn  . C'est egalement au niveau de la régularité qu'un fighter comme lui se détache . 6 jours sur 7, toute l'année le thai perfectionne sa technique . C'est très impressionnant à voir sur le long terme et cela porte ses fruits ...il est aujourd'hui considéré comme un des meilleurs fighters de la planète dans sa caté de poids.

Un autre aspect qui a été très intéressant d'observer, c'est l'accueil fait aux nouveaux ! Si Manoawan vient lui d'arriver depuis un petit mois, Yodpayak est présent depuis bientôt un an et on a pu suivre toute son intégration . 

Lorsqu'un nouveau fighter arrive au sein du camp, il a deja fallu se mettre d'accord avec son ancien camp . Dans ce cas la, les deux propriétaires des gym discutent et une fois que l'affaire est conclue, direction le Board of MuayThai situé à Bangkok qui va officialiser le transfert

LE CAUCHEMAR DE YODPAYAK

Le nouveau nakmuays débarque donc au Sitsongpeenong et sa première semaine va être son "intégration" .. s'agissant de Yodpayak .. il à vécu un véritable cauchemar . Imaginer que vous débarquiez au camp et que vous deviez tourner pendant une semaine, matin et après midi avec Sittichai, Kem et thongchai . Des séances ultra dures à base de sparring et des enchainements aux paos méga soutenus .

Yodpayak n'en pouvait absolument plus ! Pas une minute de relachement et les thais qui ont pour consigne d'appuyer leur coup ..Impressionnantes à suivre, ces séances ont clairement pour but de "mettre au pas" le nouvel arrivant et de lui montrer le chemin qu'il lui reste à parcourir

Après une période de 2-3 mois, les progrès de yodpayak ont été véritablement significatifs . Plus de cardio, une technique plus complète et des coups qui sont bien plus précis . De toute facon ... il n'avait pas d'autre choix que de progresser tant le rythme imposé par Sittichai, Kem, Thongchai et Monlit etait soutenu

La pression indirecte mise par les combattants du groupe 1 est aussi très palpable . Lorsque vous arrivez au gym et que le camp vous a positionné sur une stratégie identique (les galas internationaux) vous combattez dans la meme "sphère" qu'un sittichai ou d'un dechsakda qui enchainent les victoires .

UN RESPECT OMNIPRESENT

Cette pression, toute thailandaise, ne se traduit pas par des mots ou des explications , mais beaucoup de gestes par ci par la ou des attitudes spéciales . Une certaine hiérarchie s'installe donc et le respect des combattants vis à vis de sittichai ou kem est très prononcé, y compris pendant les séances de sparring . Ce respect est egalement très marqué du coté des entraineurs, jamais on verra un geste, une parole, un mot de déplacé de la part d'un nakmuay . 

Le gym possède un petit espoir qui à 11 ans, il est arrivé au camp à 9 . Il va à l'école et fait ses entrainements de muay l'après midi . Il vient d'issan et a tout quitté pour le gym . Comme nous  a dit Monlit, "Je le vois 7 jours sur 7, je l'entraine, on mange ensemble on se voit 15 heures par jour .. C'est impossible de pas le considerer comme un membre de la famille .. Si a 25 ans il est toujours avec nous j'aurais passé 15 ans à ses cotés !"

Les camps thais sont de vraies familles, lorsqu'un nakmuay boxe, c est vraiment tout le camp qui boxe . Tout le monde se déplace pour supporter, lorsque Yodpayak a combattu au lumpinee la première fois il' yavait au moins 20 personnes du gym ! Et ca, c'est tout le temps !

On pourrait imaginer que des Kem, Thongchai ou encore Monlit ne se déplacent qu'en certaines occasions . Il y'a six mois, on vu Monlit et Thongchai faire 700km en van pour supporter un petit combattant du gym qui reboxait dans sa ville natale . Monlit essaye d'etre partout à la fois et il n'est pas rare qu'il fasse la thailande en long en large et en travers en une petite semaine pour etre présent à chaque combat . 

Le dévouement va très loin et les nakmuays le ressentent très fortement, le sentiment de respect est vraiment mutuel . On sent aussi que c'est un métier ET une passion, ce n'est en tout cas certainement pas un loisir .. La pression des combattants qui doivent honorer le camp d'une part et faire vivre leur famille de l'autre est considérable 

 Le Sitsongpeenong possède donc une stratégie, vous l'aurez compris, misant sur plusieurs tableaux, sur plusieurs catégories de poids et sur plusieurs générations de combattants . Il est complexe de décrire précisément les liens qui unissent les membres d'un même camp, c'est un mélange de culture thai, d'appartenance à certaines villes ou régions de thailande, d'un profond respect pour sa famille et le sentiment de devoir les faire vivre .

De nombreux entraineurs et combattants étrangers sont très très liés, imaginez que vous vous connaissez depuis 15 ans, que vous vivez ensemble avec les autres membres du gym 24h/24 et vous aurez une idée de ce que peuvent ressentir les membres d'un camp thai ...